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Soins spirituels : quand la médecine ne suffit plus pour apaiser la souffrance

Dans un service hospitalier à Paris, Montréal, Bruxelles, Genève, Abidjan ou Dakar, la scène est la même :
perfusions, examens, scanners, traitements… Tout est mis en œuvre pour soigner le corps.

Et pourtant, malgré les meilleurs médicaments, certains patients restent :

  • angoissés
  • perdus
  • en colère
  • sans sens face à ce qu’ils vivent

C’est exactement que les soins spirituels prennent leur place.

Ils ne remplacent jamais la médecine, mais viennent la compléter, en s’adressant à une partie de nous que ni les médicaments ni les machines ne peuvent toucher :

notre besoin de sens, de paix intérieure, de lien, d’espérance.


Qu’est-ce que les soins spirituels, concrètement ?

Les soins spirituels sont une forme d’accompagnement qui prend en compte :

  • les questions de sens : “Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?”
  • les valeurs profondes : famille, foi, dignité, liberté, amour…
  • les peurs existentielles : la mort, la souffrance, la solitude
  • les ressources intérieures du patient : croyances, forces, souvenirs, symboles

Ils peuvent être proposés :

  • à l’hôpital
  • en clinique
  • en maison de retraite / EHPAD
  • en soins palliatifs
  • à domicile, via des accompagnants formés

Et ils s’adaptent à toutes les personnes :

  • croyantes (toutes religions confondues)
  • spirituelles mais non pratiquantes
  • agnostiques
  • athées

L’idée n’est pas de convertir, ni de faire du prosélytisme, mais d’aider la personne à :

  • exprimer ce qu’elle vit profondément
  • mettre des mots sur ses peurs
  • retrouver du sens et un minimum de paix au milieu de la tempête

La souffrance : bien plus qu’une douleur physique

La médecine mesure la tension, la température, la douleur sur une échelle de 1 à 10.
Mais elle ne mesure pas :

  • la peur de laisser ses enfants
  • la sensation d’injustice (“Je n’ai rien fait pour mériter ça”)
  • la colère contre la vie, contre Dieu, contre le corps qui lâche
  • la honte de dépendre des autres
  • le sentiment d’être “déjà mort à l’intérieur”

C’est cette dimension invisible que les soins spirituels viennent rencontrer.

Quand la maladie bouscule toute une vie

Exemple typique :
Une femme de 45 ans apprend un cancer du sein à Lyon, Québec, Namur ou Douala.

Après le choc, apparaissent vite les questions :

  • “Comment je vais l’annoncer à mes enfants ?”
  • “Est-ce que je vais revoir l’année prochaine ?”
  • “Pourquoi ça tombe sur moi ?”

La chimiothérapie, la chirurgie, la radiothérapie répondent à la maladie.
Mais qui répond à ces questions-là ?

Un accompagnement spirituel peut alors :

  • offrir un espace sécurisé pour parler sans filtre
  • accueillir les larmes, la révolte, la peur
  • aider à identifier ce qui donne encore du sens :
    • le lien aux proches
    • une foi personnelle
    • un engagement, une passion, un projet
  • soutenir la personne pour traverser l’épreuve, et pas seulement la subir

Quand la médecine atteint ses limites

La médecine moderne est extraordinaire, mais elle ne peut pas tout :

  • certaines maladies sont incurables
  • certaines douleurs restent chroniques malgré les traitements
  • certains effets secondaires sont lourds et durent longtemps
  • parfois, on ne peut plus “guérir” : on peut seulement soulager et accompagner

Dans ces situations, patients et familles disent souvent :

“Les médecins ont tout fait… mais on se sent encore tellement seuls, perdus, cassés à l’intérieur.”

C’est précisément là que les soins spirituels sont précieux.

Quand le corps ne peut plus être sauvé, l’âme peut encore être apaisée

Pour une personne en fin de vie, en France comme en Afrique francophone ou au Canada, les soins spirituels peuvent aider à :

  • faire la paix avec certaines relations
  • mettre des mots sur les regrets, les rancœurs, les peurs
  • se réconcilier avec soi-même, avec les autres, avec la vie
  • envisager la mort avec un peu moins de terreur et un peu plus de douceur

Ils ne promettent pas de miracle médical.
Mais ils offrent parfois un miracle intérieur :

la possibilité de vivre la dernière partie de sa vie avec plus de sens, plus de paix, plus de présence.


Les principales formes de soins spirituels

Selon les pays (France, Belgique, Suisse, Québec, Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun…) et les établissements, les formes varient, mais on retrouve souvent :

1. L’accompagnement par un aumônier ou accompagnant spirituel

Il peut s’agir :

  • d’un aumônier (catholique, musulman, protestant, juif…)
  • d’un accompagnant laïque formé à l’écoute spirituelle
  • d’un conseiller spirituel indépendant

Son rôle :

  • écouter sans juger
  • accueillir ce que le patient a vraiment envie de dire
  • soutenir la personne dans ses propres croyances, pas lui imposer les siennes
  • proposer une prière, un texte, un geste symbolique si le patient le souhaite

2. La méditation, la pleine conscience, la prière

De plus en plus d’hôpitaux proposent :

  • méditation guidée
  • groupes de pleine conscience
  • temps de silence accompagné
  • espaces de prière ou de recueillement multiconfessionnels

Ces pratiques peuvent :

  • réduire le stress et l’angoisse
  • améliorer la tolérance à la douleur
  • aider à prendre du recul sur les pensées et les peurs

3. L’art-thérapie et la musicothérapie

Créer, même au cœur de la maladie, c’est :

  • retrouver une part de liberté
  • exprimer ce que les mots n’arrivent pas à dire
  • reconnecter la personne à sa créativité, à sa beauté, à sa sensibilité

Peinture, dessin, collage, écriture, chant, musique…
Autant de chemins pour nourrir l’âme quand le corps est fragile.


Les effets concrets des soins spirituels

Les témoignages de terrain et les études convergent :

Les soins spirituels peuvent aider à :

  • diminuer l’angoisse et la détresse existentielle
  • améliorer l’acceptation des traitements difficiles
  • renforcer le sentiment de ne pas être seul
  • améliorer la communication au sein de la famille
  • parfois réduire le recours à certains médicaments anxiolytiques

Pour les familles, c’est souvent :

  • un espace pour déposer la fatigue, la culpabilité, la colère
  • un soutien pour vivre le deuil avant, pendant et après
  • la possibilité de se sentir accompagnées elles aussi, et pas seulement le patient

Pour les soignants, c’est :

  • un relais précieux dans les situations lourdes
  • une aide pour ne pas porter seuls toute la souffrance des patients
  • un rappel que derrière le dossier médical, il y a une histoire, une âme, une vie

Soins spirituels & système de santé moderne : une alliance possible

Dans de nombreux pays francophones, la question se pose :

“Comment intégrer les soins spirituels sans sortir du cadre laïque ou professionnel ?”

Les réponses qui émergent :

  • proposer un accompagnement spirituel sur demande, jamais imposé
  • respecter toutes les convictions, y compris l’athéisme
  • former les soignants à repérer une souffrance spirituelle (pas seulement psychologique)
  • travailler en complémentarité : médecins, psychologues, infirmiers, aumôniers, art-thérapeutes, etc.

Dans un service d’oncologie à Paris, un service de gériatrie à Bruxelles, une unité de soins palliatifs à Montréal ou à Abidjan, la même question se pose :

“Comment prendre soin de la personne dans sa globalité : corps, cœur, esprit ?”

Les soins spirituels sont une partie importante de cette réponse.


Comment savoir si vous (ou un proche) avez besoin de soins spirituels ?

Quelques signes fréquents :

  • questions existentielles envahissantes :
    “À quoi bon ? À quoi tout cela sert-il ?”
  • sentiment de vide, de perte de sens
  • colère intense contre la vie, la maladie, Dieu, le destin
  • peur très forte de la mort ou de l’avenir
  • impression d’être “cassé à l’intérieur”, même si les symptômes physiques sont pris en charge

Si vous vous reconnaissez, ou si vous voyez cela chez un proche, il peut être très utile de :

  • en parler à l’équipe soignante
  • demander s’il existe un service d’aumônerie ou un accompagnant spirituel
  • ou, hors hôpital, chercher un accompagnement spirituel de confiance (prêtre, imam, pasteur, rabbin, moine, thérapeute spirituel laïque, etc.)

Conclusion : quand soigner le corps ne suffit plus, il reste l’âme

Les soins spirituels ne sont ni magiques, ni réservés à quelques “mystiques”.
Ils sont une réponse profondément humaine à une réalité simple :

Nous ne sommes pas que des corps à réparer.
Nous sommes aussi des êtres de sens, de lien, de conscience.

Quand la médecine atteint ses limites, il reste la possibilité :

  • de comprendre autrement ce que l’on vit
  • de retrouver un peu de paix, même au milieu de l’épreuve
  • de se sentir accompagné, et non abandonné
  • de se réconcilier avec soi, avec les autres, parfois avec la vie elle-même

La vraie question n’est pas :

“Les soins spirituels sont-ils nécessaires partout ?”

Mais plutôt :

“Comment accepter encore, en 2025, de ne soigner que le corps… en oubliant l’âme et le cœur ?”


FAQ – Soins spirituels : quand la médecine ne suffit plus

1. Les soins spirituels, est-ce forcément religieux ?

Non.
Les soins spirituels peuvent être :

  • religieux (prière, sacrements, rites, textes sacrés…)
  • ou non religieux (philosophie, art, méditation laïque, pleine conscience…)

L’essentiel est de travailler sur le sens, les valeurs et ce qui soutient la personne intérieurement.


2. Qui peut demander des soins spirituels à l’hôpital ?

En général :

  • le patient lui-même
  • un membre de la famille
  • parfois un soignant qui repère une forte détresse spirituelle

Dans beaucoup d’hôpitaux (en France, Belgique, Suisse, Québec, Afrique), il existe un service d’aumônerie ou d’accompagnement qu’on peut contacter sur simple demande.


3. Est-ce que les soins spirituels remplacent un traitement médical ?

Jamais.
Ils viennent compléter la médecine, pas la remplacer.

En cas de maladie, de douleur, d’angoisse ou de symptômes physiques, il faut toujours :

  • consulter un médecin
  • respecter les traitements prescrits

Les soins spirituels soutiennent l’intérieur, mais ne remplacent ni médicaments, ni chirurgie, ni suivi médical.


4. Quelle est la différence entre soins spirituels et psychologiques ?

  • Le psychologue se concentre principalement sur les pensées, les émotions, les comportements.
  • Les soins spirituels s’orientent davantage vers le sens, les croyances profondes, la vision de la vie, de la mort, de la souffrance.

Les deux peuvent être complémentaires et très utiles ensemble.


5. Faut-il être croyant pour bénéficier de soins spirituels ?

Non.
Une personne :

  • athée
  • agnostique
  • “spirituelle mais pas religieuse”

peut tout à fait bénéficier de soins spirituels, dès lors qu’elle se pose des questions de sens et ressent une souffrance intérieure liée à ce qu’elle vit.


6. Est-ce que les soins spirituels sont payants ?

À l’hôpital, l’accompagnement par un aumônier ou une équipe spirituelle est généralement :

  • gratuit pour le patient
  • pris en charge par l’établissement, les communautés ou le bénévolat

En dehors de l’hôpital, certains accompagnements spirituels peuvent être gratuits, d’autres payants (selon la personne, l’organisme, le pays, etc.).


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